Lettre à celles et ceux qui travaillent en petite enfance et dans le médico-social
Éducatrice de jeunes enfants. Je l’ai choisi. Vraiment.
On ne devient pas travailleur social par hasard.
On ne choisit pas la petite enfance pour la sécurité de l’emploi.
On ne choisit pas le médico-social pour la reconnaissance.
On choisit ces métiers par conviction. Par histoire. Par feu intérieur.
D’où vient cette vocation des professionnels du social ?
Ma mère nous a eues, ma sœur jumelle et moi, à 15 ans.
Un jour, j’ai entendu :
« De toute façon, dans ta vie, au mieux tu seras enceinte comme ta mère à 16 ans ou tu finiras à la DASS. »
Ça a été mon moteur.
Tu crois vraiment? Je vais te montrer de quoi je suis capable.
Au départ, je voulais être éducatrice spécialisée ou infirmière.
J’ai raté les deux concours.
Heureusement.
Éduc spé ? J’arriverais trop tard dans le parcours du jeune.
Infirmière ? Mauvaise en maths et peur de mal gérer la douleur des patient.es.
Pendant mes études de sociologie, je travaillais comme animatrice en centre social maternel CAF.
Une collègue un jour me dit qu’elle est EJE – Éducatrice de Jeunes Enfants.
Le soir même je découvre un reportage sur les EJE dans Les Maternelles.
Hasard ?
Je ne crois pas.
Révélation puissante.
C’est ça que je veux être!
Travailler en crèche : passion, désillusion et perte de sens
J’ai travaillé près de 8 ans en structure petite enfance :
- Maison d’enfants (MECS) à Font Romeu.
- Crèche associative
- Crèche municipale
La première année ? Enthousiasme total.
Nouveau projet. Idéaux forts. Engagement.
Puis 2003 arrive.
Recrutée dans une grosse structure municipale de 60 berceaux.
La flamme s’éteint.

Les réalités du terrain en petite enfance
- Pas de budget pour les livres et le matériel pédagogique
- Manque de temps pour écouter les parents (qui en ont pourtant besoin)
- Pression pour accueillir toujours plus d’enfants
- Réunions d’unités pour “optimiser”
- Collègues en arrêt maladie
- Maltraitance institutionnelle banalisée
- Mes mains qui explosent d’eczéma
Et cette impression terrible :
Je n’ai aucun levier.
Tu connais ça ?
Cette sensation de voir les dérives…
De les dénoncer…
Et de ne rien pouvoir changer.
Quand les professionnel.les du médico-social n’ont plus de pouvoir d’agir
J’ai dit STOP.
J’ai présenté le concours d’attachée territoriale.
Quitte à gérer les contraintes d’une direction adjointe, autant avoir le salaire. (je vous ai dis que j’étais naïve?)
Admise à la deuxième tentative.
J’ai été recrutée au CCAS de Montpellier :
- Directrice des services à la personne
- Cheffe du service développement social
- Directrice déléguée à la prévention des ruptures de parcours
Je pensais que tout le monde était animé par une profonde mission de service public.
Faut croire que non.
Alors avec le recul, je comprends :
Je n’avais pas le profil attendu du “bon” fonctionnaire.
Pas assez docile.
Pas assez obéissante.
Burn-out dans le médico-social : quand le corps dit stop
Après un burn-out et 6 mois d’arrêt, j’ai compris une chose :
Je ne pouvais plus continuer à m’abandonner.
Alors j’ai décidé de me choisir.
Enfin.
De la petite enfance à la doula : retrouver du sens
Je me suis formée en 2015 pour devenir doula.
Deuxième révélation!
Pendant mon burn out j’ai écrit Cœur de Doula pour rendre visibles ces professionnelles de l’ombre.
Je l’ai autoédité.
Et puis une autre évidence :
Créer un centre de formation.
A mon image. Avec mes valeurs. Ma vision.
Quand j’ai pris cette décision, tout s’est ouvert.
Tu sais, ces moments où tout bloque pendant des années et tu ne comprends pas pourquoi.
Tu te prends porte sur porte dans la tête.
Et puis un choix aligné, et tout devient fluide.
Parce que c’est juste.
Parce que c’est profondément aligné.
Parce que c’est ton chemin.
Parce que c’est le moment.

Professionnels du social et de la petite enfance : et si c’était votre tournant ?
Aujourd’hui, j’arrive à remercier :
- Les années de douleurs
- Les remises en question
- Les désillusions
- Le burn-out
Elles ont façonné la femme que je suis :
Visionnaire.
Ambitieuse.
Engagée autrement.
Alors si toi aussi :
- Tu te sens épuisé.e par le système
- Tu n’as plus de levier
- Tu te reconnais dans la maltraitance institutionnelle
- Tu te demandes si tu dois quitter la petite enfance ou le médico social
- Tu ressens un appel vers autre chose
Alors peut-être que tu es, toi aussi, à la croisée des chemins.
Et peut-être qu’il est temps de te choisir.
Les 5 ans d’Envol et Matrescence : une invitation à te remettre au centre
Cette année, Envol et Matrescence fête ses 5 ans.
5 années à accompagner autrement.
5 années à former des professionnel.les engagé.es.
5 années à ouvrir des voies possibles. Alors:
Si tu sens que quelque chose doit changer,
Si tu veux redonner du sens à ton engagement professionnel,
Si tu veux rencontrer d’autres femmes qui ont osé,
On t’invite à venir célébrer avec nous!
👉 Découvrir l’événement des 5 bougies d’Envol
https://envol-et-matrescence.com/les-5-bougies-denvol/
Peut-être que ce ne sera pas un hasard.
Peut-être que ce sera ton déclic.
Et si cette fois, tu décidais de te choisir ?




